La salle de cinéma après la projection
Une cinquantaine de personnes ont assisté à la projection et ont pu poursuivre les échanges à la buvette.
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Le ciné-débat des Mées : Le vivant qui se défend ; avec la Confédération paysanne.

Publié le 16 décembre 2025

Il y a un mois, à la suite de la projection qui a accueilli près d’une cinquantaine de personnes, Yannick Becker de la Confédération paysanne, et Pierre Gottardi président de l’association FNE04 ont pu échanger avec le public et permettre à chacun d’exposer leurs expériences qui résonnent avec le film. Partager, c’est sympa est la chaîne YouTube de Vincent Verza sur laquelle vous pouvez retrouver l’intégralité du film et des ressources documentaires.

La Confédération paysannelogo FNE04

Décomposé en cinq actes, le film relate les moments d’épuisement et les moments de renouveau de la lutte militante du réalisateur. Il raconte comment l’apprentissage d’une approche sensible et naturaliste redonne du sens et de l’énergie face aux aménagements destructeurs d’environnements fragiles ou d’intérêt, telles les zones humides et les forêts feuillues. À travers l‘objectif de sa caméra, dissimulé sous un trompe-l’œil, c’est observer l’espace qu’habite le vivant non-humain, parfois même jusque dans notre environnement le plus proche, que propose l’auteur : c’est partager une conversation sans paroles avec ce vivant.

Pourquoi ce film ?

En organisant cette projection, le souhait premier a été de partager cette prise de conscience du vivant non humain qu’abrite notre environnement. Car l’un des problèmes qui apparaît aux yeux du spectateur est la réduction avec laquelle l’environnement est considéré ; un espace à aménager, à rentabiliser, des objectifs de performances fixés par des plans nationaux, sont autant de manières limitées de regarder une ripisylve, un terrain en jachère, un bosquet peuplé d’habitants, qui ne payent pas d’impôts, peut-être, mais n’accomplissent pas moins des corvées fort utiles à la santé des rivières et des campagnes. L’autre versant de ce problème, c’est de s’exclure de l’environnement, tel un observateur depuis nulle-part qui existerait totalement affranchi de ce qu’il regarde. Pourtant, dans les interstices du tissu urbain, le sauvage se creuse une place. 

Quelles réactions du public ?

Contre le risque de se ‘déterrestrer’ contrebalance ainsi la formation de collectifs citoyens et d’associations de défense et préservation de leur proche environnement. Mais tous font face régulièrement à des passages en force ou des répressions disproportionnées. Une personne du public interpellait alors sur la sidération dans laquelle le citoyen pouvait rapidement tomber face à de telles répressions ; mais connaître des solutions pour empêcher cela ferait plus plaisir, alors que nous reste-t-il, du sabotage ? Non attention, répond FNE04, les choses ne se créent pas du jour au lendemain, et les coups partent très en amont. Parmi les documents qui permettent de suivre ce qui se dessinent et ce qui s’annoncent sur un territoire, on trouve les documents d’urbanisme, SCoT et PLU. Mais quelqu’un de répliquer que le SCoT, 500 pages de documentation technique ne les rendent pas très accessibles. Mais pour ce qui est des PLU en revanche, on observe fréquemment qu’ils sont mal construits ; en fait, dit FNE04, on voit que les luttes sont transversales entre le terrain et les textes. 

Comment suivre cela ; une autre personne partage qu’avec ses concitoyens, ils se sont organisés pour consulter à tour de rôle l’affichage des décisions en mairie. Dans le film, on voit un collectif investir un tiers-lieu pour préserver les préserver les espèces remarquables et célébrer la joie. Un spectateur a trouvé remarquablement exposé dans le film la capacité des jeunes mouvements actuels à nouer des réseaux géographiquement vastes et produire des outils remobilisables par d’autres collectifs. Le film montre ainsi plusieurs mouvements qui se sont structurés pour préserver des bois et des massifs forestiers en déployant des gardes et produisant des guides d’actions  pratiques.

En parlant de collectifs, n’y a-t-il que des humains ? Pour ce qui est des rivières, le film montre l’application d’un groupe à la restauration d’un cours d’eau. Mais ce qu’ils font est à l’image de ce que ferait un autre ingénieur nommé le Castor. La reprise de cet aménagement par l’animal perpétue le travail de restauration de l’ensemble du cours d’eau, et c’est l’intérêt de nombreuses espèces. La relation avec l’animal ne s’apparente pas à de la domestication, c’est plus une forme de vie en bonne intelligence. 

C’est une solution pour faire face à la sidération, ont partagé les deux invités, que de se mettre en mouvement. Car le message du film, c’est quand même de ne pas désespérer. Des répressions violentes d’actions violentes ? Répondons par de joyeux événements. 

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