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Retour sur nos ateliers de renaturation à Pierrevert !

Publié le 26 novembre 2025

Une concertation citoyenne est en marche !

Dans le cadre d’un projet de renaturation sur l’ensemble de la région Paca et soutenu par notre fédération régionale, nous avons pu collectivement organiser deux ateliers de concertation avec les habitants et les habitantes d’une collectivité volontaire. C’est la commune de Pierrevert qui a répondu avec enthousiasme à notre appel à manifestation d’intérêt pour accueillir notre action. Les ateliers se sont tenus les 23 et 30 novembre : les Pierrevertains se sont déplacés nombreux pour découvrir ou redécouvrir la biodiversité de leur village lors du rallye nature, ou ont parcouru le village pour observer les aménagements qui entravent ou calment l’écoulement de l’eau lors de l’atelier « chemin de l’eau ».

L’objectif de ces ateliers : faire connaître les enjeux du village et sa biodiversité aux habitants de la commune pour qu’émerge une décision collective de renaturer certains espaces de vie.

 

Le rallye nature

Le dimanche 23 novembre, nous avons déambulé dans les rues de Pierrevert pour observer et comprendre la biodiversité que l’on retrouve dans le village. 
Élus et citoyens sont venus nombreux pour échanger avec la LPO PACA sur les bonnes pratiques à mettre en place, sur la commune et à la maison, pour préserver la biodiversité en ville


Trois stands dispersés dans le village ont ponctué le rallye nature ; le premier s’attachait aux animaux. Sur les façades, on identifiait les nids d’hirondelles ; entre les pierres, on guettait la tarente de Maurétanie. Ces animaux qui s’établissent sur les façades des bâtiments, entre les interstices, circulent entre les pierres et les végétaux de notre habitat, c’est aussi le leur.


Les végétaux, justement, étaient le deuxième stand. Il proposait de se poser pour… observer : cette espèce d’arbre est-elle d’ici, vient-elle d’ailleurs, ces arbres abritent-ils des insectes, des oiseaux ? Comment entretient-on les plantes pour qu’elles entretiennent la biodiversité, ont pu s’interroger les participants.
 

Comme on peut faire attention à ne pas déranger ses voisins et puisque l’humain côtoie d’autres vivants, le troisième stand interrogeait les pratiques humaines en milieu urbain. Est-ce curieux de laisser allumer dehors quand on veut qu’il fasse noir dans la maison ; des dépôts sauvages d’ordures, des mégots par ci, des canettes par-là, peuvent diffuser certaines substances nocives. 

Les participants ont souligné que le lierre étaient importants pour les oiseaux, mais qu’il faudrait le mettre au niveau des arbres et non des murs ; on peut le comprendre, car le feuillage ombragé qu’il fait courir sur le sol et les troncs peut servir aux oiseaux de garde-manger ou d’abris pour se reposer. Tant qu’il ne monte pas jusqu’aux branches supérieures de l’arbre, la cohabitation entre les deux végétaux est en bons termes. 
 

Le chemin de l’eau 

Le 30 novembre avait lieu l’atelier de la FNE PACA où, par chance, il a fortement plu, une aubaine pour illustrer les effets des aménagements sur le chemin que suit l’eau


Avant la balade dans Pierrevert, l’après-midi avait débuté sur les évocations de l’eau en ville. Les premières étaient celles qui sautaient aux yeux : les cours d’eau, l’inondation d’une cave ou quand l’eau déborde des égouts ; puis d’autres moins évidentes ou plus techniques sont venues, telles que les réseaux d’assainissement, les voies d’infiltration, les outils techniques comme le Géoportail de l’urbanisme (GPU). 
 journée technique

Fort de ce remue-méninge, les participants ont parcouru Pierrevert pour faire correspondre les enjeux avec les lieux pouvant accueillir une renaturation. À ce sujet, lors de sa présentation FNE PACA a pu réexpliciter une nuance entre renaturation et végétalisation. Notons que la renaturation d’un milieu signifie qu’il retrouve sa fonction écologique, que l’on mesure notamment à travers la biodiversité et l’écologie de ce milieu. La végétation souvent y participe mais découle de cette réflexion écologique.
 

Parmi les dix lieux repérés, certains illustrent bien quelques fonctions écologiques emblématiques. 

(i) Pour l’infiltration par exemple, le béton est défavorable car il tasse le sol, et entraîne l’imperméabilisation. Il peut se dresser comme rebord autour des sols et des arbres des parcs, à cette hauteur il fait barrage. 

(ii) Les végétaux posent les bases de deux fonctions identifiables : grâce à leurs racines et leur cohabitation avec des champignons notamment, ils tissent un réseau qui solidarise le sol, ce qui permet la stabilité des buttes ou des talus ; c’est d’ailleurs une crainte au sujet du mur de la chapelle qui surplombe une pente abrupte dont une partie a été défrichée. En bref cela prévient l’érosion. 

(iii) Enfin, un arbre mort laissé sur place, cela est favorable pour la biodiversité mais davantage celle du sol ; les racines mortes sont en effet une source de nourriture, soit pour des champignons, soit pour des micro-organismes. Par la suite les arbres peuvent servir de support pour du lierre ou des oiseaux. 

 

 

Après ces deux ateliers, le projet va continuer en 2026 avec un atelier pour permettre aux habitants et habitantes d’établir un plan d’actions que la commune s’engagera à suivre pour poursuivre le travail débuté.