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PLU de Manosque : notre recours a été rejeté, et pourtant...
Lorsque Manosque a révisé son PLU en mars 2022, accompagnés d’associations et d’habitants, nous avions déposé un recours portant sur une série de points, dont deux essentiels sur le fond :
1. l’aspect mégalomaniaque de ce nouveau PLU qui succédait à un PLU de 2005 qui l’avait déjà largement été et avait eu des conséquences dramatiques,
2. la mise en cause parmi les trop nombreuses extensions d’urbanisation prévues, d’une zone naturelle accueillant notamment une zone humide.
Nous avons été déboutés, mais sans lancer un nouveau recours, nous maintenons notre analyse sur ces deux points.
1° Le premier élément (un PLU mégalo et dangereux) est facile à illustrer via deux graphiques portant sur les périodes récentes :

Le PLU de 2005 prévoyait en lien avec le projet ITER un afflux de population, afflux qui est bien loin de s’être produit avec même un très fort ralentissement constaté au début des années 2010.
Le PLU de 2022 s’appuie sur les données entre 2007 et 2017, la faible croissance constatée sur cette période aurait donc dû être sa référence quitte à afficher une volonté un peu plus positive mais restant réaliste. Pas du tout, ce PLU prévoit de nouveau une envolée jusqu’en 2032 que nous jugions surréaliste lors de notre recours et que le constat des premières années (données Insee jusqu’en 2023 publiées le 25 juin 2026) remet complètement en cause.
Tout le monde peut se tromper, certes, mais 2 fois de suite … !
Et cette frénésie de croissance à tout prix a bien sûr des conséquences sur la prévision de logements.

Question logements, là encore, le constat sur les années 2017-2023 va largement dans le sens de nos remarques : suite aux très nombreuses constructions entreprises autour de 2010 malgré la faible croissance de la population, la vacance avait explosé ; ce phénomène ne s’est pas renouvelé depuis 2017.
Pourquoi ? sans doute en bonne partie parce que le parc de logements n’a augmenté qu’au rythme utile à la population, c’est à dire 30 % moins rapidement que ce que prévoit le PLU.
Le taux de vacance a même un peu baissé, mais il dépasse toujours 12 % du parc et Manosque est la 4° commune ayant le plus fort taux de vacance parmi les 81 communes de la région ayant entre 10 000 et 50 000 habitants. Une petite bonne nouvelle donc, néanmoins tempérée par l’augmentation du nombre de résidences secondaires 20 % plus rapide que prévu, mais dont le nombre reste tout de même limité.
En bref, globalement le PLU s’appuie sur une prévision de construction démesurée.
Quelle importance puisque de toutes façons, cette fois-ci, la construction reste raisonnable ?
C’est que pour répondre à un besoin surréaliste de logements et au risque de relancer une nouvelle fois la vacance dans le parc, ce PLU organise l’urbanisation de 53 ha alors que nos calculs conduisaient plutôt à un besoin, certes, mais inférieur à 40 ha.
2° Où trouver ces 53 ha ?
Certaines des extensions prévues par le PLU se répandent sur des terres agricoles en proximité immédiate ou enserrées dans des secteurs déjà urbanisés. Mais ce n’est pas le cas du secteur de l’Infirmerie (une petite dizaine d’ha) dont nous demandions l’abandon.
Quelques citations des documents du PLU permettent de comprendre pourquoi :
« Le site d’étude présente une zone humide fonctionnelle d’un point de vue hydraulique et écologique au coeur du projet. »
Ce secteur « peut servir de zones de chasse, de reproduction, de repos à de nombreuses espèces ».
« Les habitations les plus proches sont relativement éloignées du site et la topographie limite les nuisances liées à la proximité des zones urbanisées. Ce site est donc calme et peu impacté par l’urbanisation voisine impliquant ainsi de bonnes fonctionnalités et attractivité écologique. Concernant la trame verte et bleue, le secteur d’OAP participe aux continuités écologiques du territoire et borde un réservoir de biodiversité humide localisé au niveau du ru au sud du secteur. Au vu de son occupation du sol, le site d’étude participe aux continuités écologiques du territoire pour la sous-trame boisée, ouverte et humide.»
« Ce site présente des cônes de vue remarquables et des enjeux forts liés à l’intégration paysagère et à la covisibilité. »
Ce site « n’est pas en continuité de l’enveloppe urbaine. »
La conclusion de l’évaluation environnementale, bien que très résumée, est sans appel :
« cette OAP impliquera potentiellement une réduction de la zone humide du secteur et impactera significativement la fonctionnalité et l’attractivité écologiques du secteur et des milieux voisins.
Concernant les continuités écologiques, l’urbanisation de ce secteur limitera fortement les déplacements des espèces au sein du secteur et des milieux voisins, notamment les milieux agro-naturels à l’est du secteur. Ces derniers seront alors enclavés et perdront de leur intérêt écologique. »
« L’urbanisation de ce projet impliquera une exposition supplémentaire de personnes et de biens au risque inondation, au risque de ruissellement et au risque de mouvement de terrain. De plus, l’artificialisation de la zone humide augmentera le ruissellement et le risque inondation (l’aléa sera modifié) et pourrait entraîner des modifications de cet aléa (ruissellement et inondation) en aval du projet.
Par ailleurs, la mise en place d’une route au niveau du vallon humide pourrait impliquer une pollution du ravin de Drouille par un ruissellement des hydrocarbures. »
« Le projet prévoit la création d’une nouvelle voie structurante nord-sud en double sens afin de desservir l’opération. Cette voie traversera le vallon humide identifié au cœur du secteur. »
À vous de juger.