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Centrale à biomasse de Gardanne : Décision de Justice

Publié le 27 juin 2026

La Cour administrative d’appel a rendu aujourd’hui sa décision concernant l’autorisation environnementale de la centrale à biomasse de Gardanne. 

Cette décision valide l’arrêté préfectoral délivré en 2025 à l’issue de la procédure de régularisation engagée après les précédentes décisions de justice. Nos recours, ainsi que ceux des autres associations requérantes, sont rejetés. 

Nous prenons acte de cette décision, tout en exprimant notre profonde déception. 

Alors que la France traverse un nouvel épisode de canicule, illustration des conséquences du dérèglement climatique, cette décision apparaît à rebours des enjeux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Elle autorise la poursuite d’un modèle énergétique fondé sur la combustion de centaines de milliers de tonnes de biomasse chaque année. Pour France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur, brûler des arbres à une telle échelle, avec un rendement énergétique aussi insignifiant, ne constitue pas une réponse crédible à l’urgence climatique ni à l’effondrement de la biodiversité. 

Les forêts constituent l’un de nos meilleurs alliés face au dérèglement climatique : elles stockent le carbone, abritent une biodiversité exceptionnelle et contribuent à la résilience de nos territoires. Les volumes de bois nécessaires au fonctionnement de la centrale viennent accroître la pression sur les forêts, alors même qu’elles jouent un rôle essentiel comme puits de carbone. Les fragiliser pour alimenter une centrale industrielle est un choix que nous continuons de contester. 

Ce dossier dépasse largement le seul cadre local. Il interroge la manière dont notre pays entend concilier transition énergétique, préservation des forêts et respect de ses engagements climatiques. À cet égard, nous rappelons que le rapporteur public avait lui-même estimé que ce projet était devenu « has been », « et peut-être même depuis le début ». Si la Cour n’a finalement pas suivi cette vision sur le fond du dossier, cette appréciation illustre le décalage croissant entre ce modèle industriel et les défis climatiques auxquels nous faisons face. 

Cette décision ne modifie pas notre analyse de fond : nous continuons de considérer que les impacts climatiques et forestiers de ce projet ont été largement sous-estimés. 

Notre mobilisation se poursuit à l’échelle européenne. Les associations maintiennent les démarches engagées auprès de la Commission européenne afin de faire examiner la compatibilité de ce projet avec le droit de l’Union. 

Nous reviendrons prochainement de manière plus détaillée sur les motivations de cet arrêt et sur les enseignements que nous en tirons.