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Boire de l’eau potable : en finir avec les pesticides

Publié le 22 avril 2026 par France Nature Environnement

Actualité du mouvement FNE

Publié le 22 avril 2026 - mis à jour le 29 juin 2026

Depuis 1980, une quarantaine de captages d’eau potable ferment chaque année du fait de la contamination aux pesticides et aux nitrates. Cela représente près de 2 000 captages, sur les près de 15 000 qui ont fermé ces 45 dernières années. Les coûts liés aux pollutions agricoles dans l’eau s’élèvent à plus d’un milliard d’euros par an, intégralement supportés par les ménages. Face à l’échec répété des politiques publiques, FNE agit :

  • Notre association attaque l’État en justice pour le contraindre à protéger notre eau potable
  • Et propose aux citoyennes et citoyens un modèle de lettre à adresser à leurs maires pour les inciter à protéger nos captages

Découvrez notre campagne “Boire de l’eau potable” et agissez avec votre maire pour une eau sans pesticides.

Cliquez ici pour découvrir les solutions pour agir localement

D’où vient l’eau que nous buvons ?

L’eau que l’on boit provient de ce qu’on appelle un captage d’alimentation en eau potable. Ces captages peuvent être superficiels, c’est-à-dire puiser l’eau depuis une rivière ou un lac, ou souterrains et pomper l’eau depuis une nappe phréatique. En fonction de son niveau de pollution, l’eau ainsi captée doit passer par plus ou moins de traitements avant d’arriver à nos robinets.

Une dépollution complexe

Après avoir été prélevée, l’eau passe au dégrillage puis au tamis. Cette phase permet d’éliminer les principaux résidus. Ensuite, il y a ce que l’on appelle la floculation et la décantation qui permettent une élimination plus précise des résidus plus fins. Si besoin, l’eau est par la suite filtrée sur sable, désinfectée à l’ozone avant d’être à nouveau filtrée au charbon actif.

Une dépollution coûteuse

Mais quand il s’agit de pesticides, les technologies classiques de dépollution ne suffisent pas. Le traitement par charbon actif ne permet pas de capter certaines molécules, tandis que les plus performantes (nanofiltration, osmose inverse) reviennent extrêmement cher, en énergie et en eau en particulier, et entraînent le rejet massif des polluants retirés de l’eau dans l’environnement. Et pour certains polluants particulièrement difficiles à récupérer, il n’existe pas de solution technique.

Si, malgré ces différentes étapes, les limites maximums de contamination de l’eau sont dépassées, une solution largement employée est la dilution. Cela consiste à mélanger une eau trop polluée avec une autre qui l’est moins, afin de faire revenir les concentrations de polluants sous les valeurs réglementaires. Mais cela devient de plus en plus difficile en raison à la fois de la détérioration de la qualité de l’eau – les autres sources de la région étant souvent polluées elles aussi – et du changement climatique qui réduit les quantités disponibles.

Conformité et potabilité : deux notions distinctes mais liées

La conformité, c’est le respect des valeurs définies par la réglementation pour la distribution de l’eau potable. Une eau non-conforme est une eau qui a dépassé un ou plusieurs seuils de qualité, c’est à dire une concentration définie pour une substance ou un groupe de substances.

Une non-conformité de l’eau est une alerte sur la dégradation de la ressource, et entraîne des risques à moyen et long-terme. Mais elle ne représente pas aux yeux des autorités un risque immédiat pour la santé, et une dérogation du préfet, qui ne peut excéder 3 ans, peut permettre de distribuer de l’eau non-conforme au robinet, cette eau étant néanmoins considérée comme «potable».

Cette dérogation ne peut être renouvelée qu’une fois et est conditionnée à la mise en œuvre des travaux nécessaires pour faire revenir la concentration des polluants sous les seuils de qualité définis par la réglementation. Cependant il faut noter que le Haut Conseil à la santé publique estime dans un avis que déroger aux limites fixées pour les pesticides dans l’eau potable ne devrait pas être une option.

Cliquez ici pour que l'eau vive

Des pesticides et métabolites partout

Environ 300 substances actives sont autorisées et utilisées en France dans des produits aux différents noms commerciaux. Conséquence de cette profusion : on trouve des pesticides dans la quasi-totalité des eaux distribuées en France, en particulier sous forme de métabolites (résidus de la dégradation des pesticides dans l’environnement).

Un lien avec l’agriculture industrielle

Plus l’agriculture industrielle est développée dans un département, plus on trouve de métabolites de pesticides dans l’eau : l’Aisne paie cher sa production intensive de betteraves. L’état du bassin de Caen est alarmant, des taux inquiétants de métabolites sont repérés dans l’Oise, l’Eure-et-Loire ou encore le Calvados.

De nombreux captages qui ferment

Chaque année notre patrimoine de captages se réduit, du fait de l’abandon de ceux-ci. Entre 1980 et 2025, près de 15 000 captages ont été fermés. La première cause d’abandon est due à la qualité de l’eau, et en majorité du fait de teneurs excessives en nitrates et/ou pesticides.

Des coûts supportés par les ménages

Cela coûte environ 60 millions d’euros par an pour mettre en service de nouveaux captages : forage, raccordement… Les traitements pour distribuer une eau potable respectant les normes de concentration des seuls pesticides sont de 260 à 360 M€/an payés sur les factures d’eau de français.es. Si l’on ajoute à cela les coûts des différents services liés à l’eau entraînés par les pollutions issues d’activités agricoles, le montant supporté par les ménages s’élève jusqu’à 1,5 milliards d’euros par an.

Agir pour la protection des captages

« Fermer des captages contaminés ou traiter l’eau ne constituent pas des solutions pertinentes. Le coût estimé du traitement induit par ces pollutions pour rendre l’eau potable est en effet compris entre 500 millions d’euros et 1 milliard d’euros par an. La priorité doit donc être donnée à la protection des captages. ». C’est ce qu’indique le gouvernement aux services de l’État dans les territoires.

La ressource n’est pas illimitée, voire se raréfie dans certains territoires. La priorité est donc de conserver notre patrimoine, et de protéger notre eau.

Faire un don à FNE

FNE agit en justice

Face à la dégradation continue de la qualité de l’eau, et en l’absence de mesures de protection efficaces mises en place par le gouvernement, France Nature Environnement agit et attaque l’État en justice.

Nous demandons :

  • Un meilleur accès à l’information sur l’état des captages
  • La mise en place des mesures permettant de rester sous un seuil de qualité :
    • Pour les captages prioritaires en premier lieu
    • Pour les captages proches du dépassement ensuite
    • Pour tous les captages, afin de rester sous le seuil de 80% de la qualité des eaux distribuées définies par l’arrêté
  • La réparation du préjudice écologique caractérisé par l’atteinte aux bénéfices collectifs tirés par l’Homme de l’environnement

Nos demandes s’appuient sur un rapport interministériel de juin 2024, qui dresse le constat de l’échec des politiques de protection des captages d’eau potable vis-à-vis des pollutions pesticides.

Pour les plus pressé.es, un résumé de 12 pages reprend les principales conclusions et la liste des treize recommandations :

Des solutions existent

Produire notre alimentation tout en protégeant notre ressource en eau, c’est possible. Cela dépend de choix collectifs, individuels, mais en premier lieu de la volonté de l’État de soutenir les filières les plus durables et les acteurs locaux les plus volontaires.

Que faire en tant que citoyen·ne ?

Je peux privilégier une alimentation produite sans pesticides (si tant est que cela me soit accessible géographiquement et financièrement).

Je peux également me rapprocher d’une association proche de chez moi, afin de contribuer aux solutions locales.

Les associations de notre mouvement

L’eau en bouteille plastique, quant à elle, n’est pas une solution alternative souhaitable. Les récents scandales (Nestlé), et les différentes études sur la migration des micro-plastiques ont montré les impacts de l’eau en bouteille sur la santé humaine et l’environnement. Loin d’être bénéfique pour la santé, l’eau en bouteille est par ailleurs un surcoût (une eau de 50 à 240 fois plus chère que l’eau du robinet !) qui, une fois de plus, pèse sur les ménages et non sur les responsables des pollutions.

C’est pourquoi il est urgent d’agir pour une meilleure qualité du robinet afin de protéger l’environnement et la santé des citoyen·nes !

Boire de l’eau potable, une affaire locale

Pour prévenir la pollution des captages, des zones spéciales de protection peuvent être instaurées autour des captages, des contrats avec les agriculteurs et les agricultrices peuvent être signés pour les soutenir dans l’évolution de leurs pratiques, des acquisitions foncières peuvent être faites afin de limiter les activités polluantes autour des zones de captages. Les maires informé.es sont des acteurs et actrices privilégié.es, car c’est elles et eux qui peuvent alerter les préfets sur l’état des captages de leur territoire. Ils et elles sont ainsi  une partie de la solution pour la reconquête de la qualité de l’eau.

Faites-le savoir à votre maire

Agissez à nos côtés et contactez massivement vos élu·es pour qu’ils et elles protègent la ressource en eau potable !

Posez des questions à votre maire sur la qualité de l’eau. Demandez quelles sont les actions de votre commune. Partagez des solutions pour agir face à ces pollutions à votre maire.

Voici un modèle de lettre, à adapter si besoin :

Modèle de lettre à envoyer à votre maire

Vous êtes maire et vous souhaiter connaître les solutions pour agir ?

La réglementation est foisonnante et complexe, répartie dans pas moins de 5 codes ! Pour aider les élu·es locaux et locales à y voir plus clair, nous avons regroupé différentes ressources techniques, afin de partager les leviers disponibles pour protéger les captages d’eau.

Tous les outils à la disposition des maires

Protégez la nature en Europe en signant la pétition

Ces actions sont en lien direct avec la campagne “Hands Off Nature” qui lutte notamment contre la pollution des eaux en Europe.  Si vous voulez aller plus loin et dire haut et fort : «MA SANTÉ ET LA NATURE NE SONT PAS À VENDRE, vous pouvez signer la pétition Hands Off Nature.

Je signe la pétition

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a bu au moins une fois de l'eau non-conforme aux limites de qualité pour les pesticides en 2024 (Bilan ARS/Ministère Santé)