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Label Haute Valeur Environnementale : agriculture et greenwashing

La loi de finances 2021 prévoit un crédit d’impôts de 2 500 € aux agriculteurs engagés dans la certification HVE (Haute Valeur Environnemental). Ce label, censé valoriser les changements de pratiques agricoles, a cependant des objectifs et des standards peu ambitieux.

Ce label visant à impulser des pratiques plus respectueuses de l’environnement, et offrant un coup de pouce fiscal est aujourd’hui très contesté, notamment dans le milieu associatif de la protection de l’environnement.

Lors du Grenelle de l’environnement de 2007, les problématiques relatives aux impacts de l’agriculture sur l’environnement avaient été soulevées. Au-delà des OGM, des produits phyto-sanitaires, l’activité agricole elle-même a des conséquences sur les milieux : biodiversité, ressources en eau, hyperspécialisation des cultures. Pour améliorer les cultures, l’idée de créer un label, moins exigeant que celui pour le biologique, a été lancée. FNE National avait poussé et initié en faveur de ce label.

Cependant, ce label est aujourd’hui vivement remis en question car il effectue un nivellement par le bas des exigences de respect de l’environnement. Le cahier des charges comporte des exigences en matière de biodiversité, de stratégie phytosanitaire, de gestion de la fertilisation et de l’irrigation. Pour chaque catégorie, divers indicateurs évaluent la «performance environnementale» de l’exploitation.

Pourtant, le label HVE n’interdit pas totalement l’usage de pesticides cancérigènes, mutagènes, et reprotoxiques.

Des associations comme Confédération Paysanne ou FNE, s’inquiètent de voir les organisations viticoles ou fruitières récupérer cette certification pour redorer leur image, sans pour autant améliorer leurs pratiques.

Le problème est que le label HVE, qui était originellement conçu comme une marche vers la bio, est devenu une finalité pour beaucoup d’acteurs. Alors qu’il reste bien insuffisant face au défi écologique.»

Cécile Claveirole (FNE, Réseau Agriculture)

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article très complet de Justine Canonne sur Reporterre :