Communiqués / Avis

La lettre du Pacte du Pouvoir de Vivre au Président E. Macron

Monsieur le président de la République, depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, nos organisations jouent un rôle essentiel pour venir en aide à celles et ceux qui en ont le plus besoin et notamment les plus précaires. Nous avons décidé de ne pas entrer dans des polémiques inutiles voire néfastes dans la période dramatique que connait notre pays. Au contraire, nous faisons le choix de la solidarité nationale, de la responsabilité et de l’unité car c’est là l’urgence du moment.

Souvent en lien avec les ministres, les services de l’Etat et les élus des collectivités territoriales, nos organisations, avec leurs salariés, adhérents et bénévoles, sont encore aujourd’hui en première ligne au quotidien. Nous savons que les jours et les semaines à venir s’annoncent encore difficiles pour la population dans son ensemble, et davantage encore pour toutes les personnes en situation de fragilité ou d’exclusion, comme pour celles et ceux qui travaillent sur le terrain de cette crise, notamment dans toutes les structures de soins, médico-sociales et sociales, ainsi que dans l’ensemble des services indispensables à la vie de la Nation.

Dans une situation que nul n’a choisi ni ne pouvait prévoir, nous partageons le vécu de nos concitoyens et soutenons toutes celles et tous ceux qui subissent quotidiennement la précarité accentuée par la situation ou la peur d’un mal invisible et d’un avenir incertain.

Sans faiblir dans cette mobilisation quotidienne, il nous semble également nécessaire d’anticiper la sortie de cette crise, afin de se préparer à guérir des blessures sociales et économiques qui seront profondes. Certains ministères et l’exécutif travaillent déjà à ces questions, mais sans toujours y associer les acteurs sociaux. Cette absence de visibilité, dans une démarche qui pourrait s’avérer excessivement « experte » nous inquiète : c’est dans la manière dont nous bâtirons collectivement la sortie de crise que se construira la capacité de résilience à long terme de notre société.

La crise exceptionnelle appelle une méthode de gouvernance exemplaire

Nous savons à quel point la méthode est décisive pour l’acceptation et l’efficacité de la mise en oeuvre de toute mesure. Il n’est jamais souhaitable de décider en vase clos, en période de crise encore moins ! Il en ira de même demain. L’ampleur du défi que nous impose cette crise nécessite de prendre en compte toutes les expertises et connaissances, et aussi de mobiliser tous les acteurs – parlement, élus locaux, société civile, citoyens… – autour de diagnostics partagés. Cette méthode est indispensable pour que notre société fragilisée se relève. Quelle que soit sa forme, elle doit s’appuyer sur le savoir-faire et la légitimité des organisations environnementales, des associations d’éducation populaire, de lutte contre l’exclusion, des associations étudiantes, des mutuelles, des syndicats ou encore de fondations qui rassemblent des millions de citoyens, et sur lesquels vous vous appuyez aujourd’hui largement – à juste titre – pour amortir les effets de la crise.

Demain, l’urgence écologique sera encore là ; l’urgence sociale sera démultipliée ; les questions liées à la santé et à la solidarité, en France et dans le monde, seront cruciales ; l’urgence démocratique sera plus criante que jamais. Nous sommes convaincus qu’y répondre, ensemble, est le meilleur remède face aux crises, qu’elles soient sanitaires ou économiques. La période d’après-crise demandera des efforts importants pour soutenir les entreprises, le secteur associatif (dont vous avez pu mesurer ces dernières semaines le caractère indispensable dans le fonctionnement du pays) et les citoyens. Cela ne pourra pas être en soustraction des investissements qu’exige la transition écologique indispensable pour ne pas compromettre l’avenir de la vie sur notre planète. C’est en nous engageant résolument dans cette transition que nous sortirons de cette crise et nous prémunirons de la suivante. Ces efforts ne seront acceptables et acceptés que si les décisions sont partagées et, plus encore, réfléchies, débattues et construites en commun.

Ces changements sont indispensables aussi pour que notre pays puisse agir avec pertinence et fraternité dans une Europe plus sociale et apporte une aide essentielle aux pays les plus démunis.

Nos 55 organisations vous invitent, Monsieur le président de la République, à vous engager résolument pour garantir cette méthode exemplaire qui associe pleinement les acteurs de la société civile dans toutes les décisions. C’est la condition pour que notre pays ne s’engage pas dans une nouvelle décennie de fuite en avant et pour qu’il sorte réellement de cette crise. C’est la condition pour que nos concitoyens voient un horizon commun se dessiner. C’est la condition d’une confiance collective retrouvée.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Les 55 organisations signataires du Pacte du Pouvoir de vivre

AEQUITAZ

ANIMAFAC

APF FRANCE HANDICAP

ASSO 4D

ATD QUART MONDE

CCFD TERRE SOLIDAIRE

CEMEA

CENTRE DE RECHERCHE ET D’ACTION SOCIALES

CFDT

CFTC

CNAJEP

CONFEDERATION SYNDICALE DES FAMILLES

COORACE

EMMAUS

EQUALIS

FAGE

FEDERATION CENTRES SOCIAUX

FEDERATION DES ACTEURS DE LA SOLIDARITE

FEDERATION DES PEP

FING

FONDATION ABBE PIERRE

FONDATION ARMEE DU SALUT

FONDATION LEO LAGRANGE

FONDATION POUR LA NATURE ET L’HOMME

FORUM REFUGIES

FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT

FRANCE TERRE D’ASILE

HUMANITE BIODIVERSITE

LA CIMADE

LA FONDA

LA LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT

LA MUTUALITE FRANCAISE

LABO DE L’ESS

LE MOUVEMENT ASSOCIATIF

LES COMPAGNONS BATISSEURS

LES CONVIVIALISTES

LES COOP HLM

LES FRANCAS

LES PETITS DEBROUILLARDS

LVN PERSONNALISTES ET CITOYENS

NOUVEAUX DROITS DE L’HOMME

OPH

OXFAM

PACTE CIVIQUE

REFEDD

RESEAU ACTION CLIMAT

SECOURS CATHOLIQUE

SOLIDARITE LAIQUE

SOLIDARITÉS NOUVELLES POUR LE LOGEMENT

UNADEL

UNHAJ

UNION SOCIALE POUR L’HABITAT

UNIOPSS

UNSA