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Pas de trêve pour le loup : dites non à la poursuite du renforcement des tirs du loup

Le ministère de la Transition écologique et solidaire a lancé jusqu’au 25 décembre 2019 une consultation du public concernant les dispositions de tir du loup pour l’année 2020.

France Nature Environnement s’oppose à ces mesures inacceptables : elle visent à empêcher l’expansion numérique et géographique du loup, et ce sans bilan des dispositions applicables cette année qui ont conduit au tir de près de 100 loups. Dites vous aussi votre opposition à ces mesures.

Quelles sont les dispositions prévues pour le tir des loups en 2020 ?

Pour 2020, les mesures prévues pour la gestion de la prédation du loup sont identiques à celles mises en place cette année : elles assouplissent les conditions de tir, elles permettent d’abattre les loups qui colonisent de nouveaux territoires et portent à près de 100 le nombre de loups pouvant être abattus selon les chiffres issus des comptages de cet hiver. Ceci n’est pas acceptable, car les dispositions de gestion de 2019 étaient présentées comme « expérimentales », ce qui veut dire qu’un bilan devait en être réalisé afin d’en évaluer les effets sur la baisse de la prédation, mais également sur l’état de l’espèce dans notre pays. Pourtant, l’État n’a pas présenté de bilan.

Gestion adaptative, ils disaient

L’État prône pourtant la « gestion adaptative des espèces » qui consiste à redéfinir cycliquement la gestion d’une espèce, ou des possibilités de tirs prévus à son encontre, selon l’état de sa population. Or, aucun taux de prélèvement n’est prévu dans le cas où la population de loups serait avérée en baisse au printemps prochain. On tire quand la population est en hausse, et on continue de tirer sans vérifier son état. Cet arrêté n’a donc d’« expérimental » que le nom, puisqu’à l’instar de celui cette année, l’évaluation de sa mise en œuvre sera de fait facultative.

Pour mettre en œuvre une gestion adaptative, et notamment ne pas risquer de remettre en cause la viabilité de l’espèce dans notre pays, l’Etat aurait dû prendre des dispositions de précaution, plutôt que de reconduire un arrêté sans présenter de données à jour sur l’état de la population.

Pourquoi est-il nécessaire de s’opposer à ces nouvelles mesures ?

Les mesures prévues en 2020 permettent toujours de déclencher des tirs du loup sans vérification effective de la mise en place des moyens de protection des troupeaux. Elles vont même jusqu’à permettre le déclenchement de tirs létaux sans que les troupeaux soient protégés. L’Etat n’a produit aucune étude d’évaluation de l’efficacité de ces tirs létaux pour faire baisser les prédations du loup. Sans attendre les résultats d’une thèse à venir, l’État renforce d’ores et déjà les tirs à l’encontre de l’espèce.

Notons que cette fois, les participants à la consultation ne bénéficieront pas de l’avis éclairé du Conseil national de protection de la nature, l’instance n’étant consultée que quelques jours avant la clôture de la présente consultation. Pour rappel, l’avis du Conseil national de protection de la nature du 25 avril 2019 était particulièrement éclairant quant à la dangerosité des dispositions « expérimentales » pour la population de loups.

Aussi, il est essentiel de marquer une opposition forte à ces mesures par une participation massive à cette consultation.

Comment faire pour dire votre désaccord ?

Avant le 25 décembre 2019, rendez-vous sur la page Internet dédiée à la consultation sur le projet d’arrêté portant expérimentation de dérogations aux interdictions de destruction pouvant être accordées par les préfets concernant le loup. Une fois sur cette page, vous pouvez exprimer votre avis en laissant un commentaire. Il n’est pas indispensable de justifier votre avis pour qu’il soit pris en compte, mais si vous le souhaitez, vous pouvez reprendre des arguments parmi les suivants. Attention toutefois, les copier-coller identiques sont considérés comme une seule et même réponse.

Je participe

Merci d’avance de votre démarche en faveur du loup et n’oubliez pas de faire largement circuler cet appel à mobilisation.

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Quelques éléments de réponse

  • L’Etat a déclaré vouloir mettre en œuvre une « gestion adaptative » de la présence de l’espèce. Pour adapter les mesures, et notamment ne pas risquer de remettre en cause la viabilité de l’espèce dans notre pays, l’Etat aurait dû prendre des dispositions de précaution, plutôt que de reconduire un arrêté sans présenter d’éléments d’évaluation, ni de données à jour sur l’état de la population. Ce faisant, il délaisse la « gestion adaptative » pour autoriser de fait la régulation sans garde-fous d’une espèce protégée.

 

  • Ces mesures sont présentées comme expérimentales. Pourtant, il s’agit de la reconduction des dispositions prévues cette année. Avant de les reconduire, il était attendu un bilan sur l’efficacité de ces mesures pour faire baisser la prédation et sur leurs effets sur la populations de loups.

 

  • Ces dispositions ne présentent toujours pas d’indicateur quantitatif de suivi et d’évaluation des résultats de ces mesures soit disant expérimentales.

 

  • La mise en place de moyens de protection, et donc la vérification de celle-ci, est un préalable indispensable pour permettre le déclenchement de la destruction d’une espèce protégée.

 

  • La gestion proposée par l’État fait reposer la baisse des dommages aux troupeaux sur la seule destruction d’un plus grand nombre de loups et non sur la progression de la mise en œuvre des moyens de protection efficaces et sur la vérification de l’effectivité de leur mise en place.

 

  • Il y a une erreur manifeste d’interprétation du seuil de 500 loups, qui est vu par l’État comme un plafond permettant d’engager des mesures plus sévères de gestion à l’encontre du loup, alors que les scientifiques le considèrent comme un seuil de viabilité minimal.

 

  • Il n’y a toujours pas de dispositifs et d’études permettant de mesurer les bénéfices écosystémiques de la présence du loup, d’étudier le comportement du loup pour mieux comprendre le mécanisme des attaques, d’évaluer les effets des tirs du loup pour faire baisser la prédation.

 

  • Ces nouvelles mesures créent des zones difficilement protégeables, où les tirs létaux du loup pourront être réalisés sans mise en place préalable de moyens de protection, sans pour autant que la définition de ces zones repose sur des critères robustes et sur la base d’analyses zootechniques objective. La délimitation de ces zones est uniquement politique et issue des pressions des organisations socio-professionnelles et des élus locaux.

 

  • L’État n’apporte aucun élément scientifique qui permet d’assurer que ces dispositions ne porteront pas atteinte à l’état de conservation favorable du loup. Il est pourtant nécessaire d’évaluer l’impact sur le loup de la généralisation et l’assouplissement des conditions de tir du loup associé à un plafond maximal de prélèvement élevé (près de 100 loups en fonction des résultats des comptages hivernaux), conjugué aux pertes naturelles et aux destructions illégales, ne portera pas atteinte à l’état de conservation favorable du loup.