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Apéro-conférence “Forêts vivantes, forêts vivables » avec Alain Claude Rameau – 5 Juin à Malijai

Mardi 5 Juin, pour la Journée Mondiale de l’Environnement et pour la Semaine Européenne du Développement Durable, FNE 04 a organisé un apéro-conférence « Forêts vivantes, forêts vivables » à Malijai, auquel ont assisté plus de 40 personnes. L’apéro-conférence était animé par Alain Claude Rameau, écologue de métier et auteur de Nos forêts en danger, qui a su captiver l’audience en transmettant sa passion et ses connaissances sur la forêt, tout en apportant ça et là quelques touches d’humour. Cet événement a eu lieu dans le cadre du Contrat de Rivière Bléone et ses affluents.

Alain Claude Rameau a commencé en rappelant bien qu’ « Une forêt, c’est un patchwork de vides et de pleins », qui ont tout deux des rôles importants. Après une définition de ce qu’est une forêt équilibrée, et des strates, il a expliqué l’importance des forêts de par leurs services écosystémiques :

– abri d’une biodiversité végétale et animale riche

– purification naturelle de l’eau

– stockage du carbone

– protection des sols (par exemple, 1 m3 forestier dans le Vercors renferme 100 km de racines. Ainsi, sans forêt, il y aurait des risques très importants d’éboulement, notamment en montagne)

– stockage de l’eau (l’évaporation est plus forte au-dessus des forêts puisque les végétaux retiennent l’eau, ce qui forme des nuages et favorise la pluie, qui est nécessaire au renouvellement des sources d’eau. Ainsi, la déforestation entraîne des problèmes d’eau, d’où une baisse importante de l’eau en Amazonie, par exemple, due à la déforestation).

 

Mais ces forêts sont en danger, ce qui va provoquer un changement de paysage forestier. Nombreuses sont les menaces pour la forêt, notamment :

– le réchauffement climatique. Selon les estimations, en 2100, il y aurait une hausse de +4°C, entraînant le changement des territoires forestiers. « Ce n’est pas une adaptation, c’est une fuite ». Les essences méditerranéennes vont gagner du terrain jusqu’à atteindre la moitié de la France ; les espèces végétales et animales vont subir ces changements.

– les cultures destinées au bois énergie. Pour l’utilisation du bois, les cycles des arbres sont raccourcis (le douglas autrefois coupé à 60 ans, est actuellement coupé à 40 ans) ; les forêts sont utilisées et des monocultures sont faites, impactant profondément l’écosystème des forêts. L’exemple de la centrale à biomasse de Gardanne a été évoqué pour dénoncer l’absurdité de l’exploitation de grandes quantités de bois (majoritairement importé) pour le fonctionnement de cette centrale, considérée pourtant comme « énergie renouvelable ».

Pour autant, il est encore temps d’agir pour la forêt : en allant voir les députés, en conservant les sous-étages (par exemple les arbustes sous les arbres), en privilégiant la régénération naturelle, en achetant des terrains forestiers etc….

 

A la fin de la conférence, beaucoup de questions ont été posées, concernant notamment l’utilisation du bois, les incendies, les logos FSC et PEFC….

 

Pour conclure, comme l’a affirmé une personne présente, « c’est la forêt qui nous protège. Et non pas l’Homme qui la protège…. ».